15/05/2023

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Faut-il désormais vacciner également les poulets pour lutter contre la grippe aviaire ?

L’influenza aviaire, appelée plus communément grippe aviaire, sévit dans le monde entier. Les conséquences ne sont pas anodines : des millions d’oiseaux morts, des zoos qui doivent prendre des mesures pour isoler leurs animaux exotiques, une hausse des prix des œufs et de la volaille, entre autres, qui vient s’ajouter à une inflation déjà élevée, et en plus, après mutation, un danger potentiel pour l’homme. Comme en 2021, tous les espoirs reposent sur un groupe d’esprits brillants ainsi que sur l’équipement de laboratoire adéquat pour rompre la malédiction.

 

 

Danger pour les animaux, mais aussi pour l’homme ?

 

400 oiseaux morts en seulement deux semaines dans une réserve naturelle de Lokeren à cause du virus hautement mortel H5N1 de la grippe aviaire, cela semble énorme, mais l’impact dévastateur de la grippe aviaire ne devient vraiment clair que si l’on ajoute les chiffres de la fin 2022. Selon les autorités sanitaires européennes, 37 pays européens ont été touchés par la grippe aviaire entre octobre 2021 et septembre 2022, avec près de 2 500 foyers dans les élevages de volailles du continent, représentant - tenez-vous bien - 50 millions d’oiseaux abattus.

 

En outre, en avril 2023, la variante H3N8 aurait également fait un premier mort en Chine, mais la victime aurait été particulièrement malchanceuse : en effet, il s’agissait d’une variante de la grippe aviaire qui ne semblait pas être si contagieuse pour l’homme. Un mois plus tôt, une jeune fille avait succombé au H5N1 au Cambodge, mais il ne s’agissait pas de la même souche que celle qui rend les oiseaux malades dans le monde entier.

 

La tempête parfaite pour les prix et la propagation

 

La grippe aviaire, associée aux prix élevés de l’énergie et des aliments pour animaux, crée la tempête parfaite pour les prix des denrées alimentaires, entre autres. Alors que le prix des œufs bruns de poules élevées en plein air s’élevait ce printemps à 16,37 euros pour 100 pièces de 62,5 grammes, il n’était que de 8,38 euros un an plus tôt. En outre, en Europe continentale, et certainement en Belgique et aux Pays-Bas, nous avons une densité particulièrement élevée en termes d’animaux d’élevage par hectare, ce qui rend difficile de contenir la propagation de la grippe aviaire.

 

 

Un vaccin pour les volailles

 

La difficulté à contenir cette pandémie a incité l’EFSA - l’Autorité européenne de sécurité des aliments - à étudier l’année dernière la possibilité d’une stratégie de vaccination des volailles. Cette suggestion a apparemment été rapidement acceptée, car au printemps, des centres de recherche avaient déjà mis au point plusieurs vaccins contre la grippe aviaire hautement pathogène, qui protégeraient les volailles contre les symptômes de la maladie et arrêteraient sa propagation. Du moins, en laboratoire.

 

Comment un tel vaccin voit-il le jour ?

 

  • À base d’œufs
    Une méthode fréquemment testée pour produire des vaccins contre la grippe consiste à utiliser des œufs. Il s’agit d’injecter un virus inactivé ou atténué dans un œuf de poule fécondé, après quoi l’œuf est placé dans un incubateur pendant plusieurs jours. Après multiplication, le virus est récolté pour former la base d’un vaccin.
     
  • À base de cultures cellulaires
    Outre les vaccins à base d’œufs, certains peuvent également être développés par culture cellulaire. Récemment, AUDENZ, un vaccin ciblant spécifiquement la variante H5N1 de la grippe aviaire, a été approuvé par la FDA.
     
  • À base d’ARNm (comme la covid !)
    Des recherches sont menées sur l’utilisation de la technologie de l’ARNm pour les vaccins contre la grippe aviaire, similaire à certains des vaccins COVID-19. La technologie de l’ARN messager présente le principal avantage d’une production rapide, en partie due à la pandémie de COVID-19. Les vaccins à ARN peuvent être rapidement conçus avec la séquence génétique d’une nouvelle variante, de sorte qu’après avoir été testé sur des modèles animaux, un vaccin peut être prêt en quelques semaines seulement.

 

 > Découvrez les appareils qui peuvent contribuer à la mise au point d’un tel vaccin !